Il m’est impossible d’apprendre à me taire, c’est vrai.
Laisser le rire, peut-être, et la pupille sensible. Si trop de bruit se retirer.
La gorge ferme, et les racines solides.
Et le mental, le mental d’acier durcit, coulé, moulé et sans fissures, la vierge et le moral de fer, parce qu’il ne faut pas tomber, jamais, du grand manège doré.
Il ne faut pas crier, gémir, il faut courir longtemps et endurer, tenir bon la branche, et respirer.
Mes mots peuvent tout expliquer. Ils sont trop, vous vacillez. Mon souffle est vie, vous voulez bien ma bouche, ma bouche chaude, ma bouche vide. Mais méfiez-vous.
Méfiez-vous de mon eau rapide et qui jamais ne dort. En dessous la terre gronde, dans mes poses placides, les cheveux incendiaires, les yeux profond fermés, ma fierté volubile, je vous observe, je vous connais, je vous oublie.

C’est un cercle. Ce sont mes bras, une corde, une bague ou l’origine du monde.

Entrez, sortez, embrassez qui vous voulez. Je vous observe, je vous caresse de pensées bienveillantes, assommantes, je vous connais et ne vous laisse ni répit ni paix. Je vous oublie dans un élan pour n’avoir rien à reprocher.
Je dis vous oublier parce qu’il faut être sage. Je rugis en dedans de cette malhonnêteté.

Ceci est mon cercle, ceci est mon corps, ceci n’est pas vrai.

Mon cadeau à chacun ce sont les mots que je veux bien trouver, encore, pour vous louer, vous bercer, vous gronder comme il le faut parfois, comme vos orages m’ont parfois inondé, porté, lavé.
Soyez-en bien sûr, mon silence est un échec, mon silence est une contrée trop froide pour quiconque s’y risquerait. Mon silence est une lassitude, une douleur sans nom. Je me tais quand je renonce, quand je pâlis, quand je suis tuée.
Laissez-moi donc vous dire encore, et sans relâche, tout ce que vous semblez représenter.

Tout ceci est loin d’être terminé.

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