Il m’est impossible d’apprendre à me taire, c’est vrai.
Laisser le rire, peut-être, et la pupille sensible. Si trop de bruit se retirer.
La gorge ferme, et les racines solides.
Et le mental, le mental d’acier durcit, coulé, moulé et sans fissures, la vierge et le moral de fer, parce qu’il ne faut pas tomber, jamais, du grand manège doré.
Il ne faut pas crier, gémir, il faut courir longtemps et endurer, tenir bon la branche, et respirer.
Mes mots peuvent tout expliquer. Ils sont trop, vous vacillez. Mon souffle est vie, vous voulez bien ma bouche, ma bouche chaude, ma bouche vide. Mais méfiez-vous.
Méfiez-vous de mon eau rapide et qui jamais ne dort. En dessous la terre gronde, dans mes poses placides, les cheveux incendiaires, les yeux profond fermés, ma fierté volubile, je vous observe, je vous connais, je vous oublie.

C’est un cercle. Ce sont mes bras, une corde, une bague ou l’origine du monde.

Entrez, sortez, embrassez qui vous voulez. Je vous observe, je vous caresse de pensées bienveillantes, assommantes, je vous connais et ne vous laisse ni répit ni paix. Je vous oublie dans un élan pour n’avoir rien à reprocher.
Je dis vous oublier parce qu’il faut être sage. Je rugis en dedans de cette malhonnêteté.

Ceci est mon cercle, ceci est mon corps, ceci n’est pas vrai.

Mon cadeau à chacun ce sont les mots que je veux bien trouver, encore, pour vous louer, vous bercer, vous gronder comme il le faut parfois, comme vos orages m’ont parfois inondé, porté, lavé.
Soyez-en bien sûr, mon silence est un échec, mon silence est une contrée trop froide pour quiconque s’y risquerait. Mon silence est une lassitude, une douleur sans nom. Je me tais quand je renonce, quand je pâlis, quand je suis tuée.
Laissez-moi donc vous dire encore, et sans relâche, tout ce que vous semblez représenter.

Tout ceci est loin d’être terminé.

Pour poursuivre la route ensemble...
Bandol

On a derrière nous, en ombre qui attend sur le chemin, l’année. Cette année d’impatiences, de labeurs, de souffrances, parfois. Une année d’éclats de voix et de rires, de peurs paniques, de nausées du décalage. Une année de crashs et de festins lugubres, de discours mécaniques dans des postes éreintés, > Lire plus

James Ellroy, Où je trouve mes idées tordues

"Wambaugh m'a changé pour toujours. Voici comment je le sais: Quand je l'ai lu, ma vie m'a fait honte." "Apprendre, c'est une vraie vacherie. J'ai appris à la dure. Je ne recommande l'expérience à personne. Des circonstances extravagantes m'ont frappé de plein fouet. J'ai cultivé le don et la malédiction > Lire plus

Ciel de mère

Ils ont respecté le pacte. Ils n’ont pas touché à mon fils. Ils reviennent pour me prendre.

Les mots ne sont pas de ce monde
Hugo von Hofmannsthal, Les mots ne sont pas de ce monde – Éteindre le brouhaha

Les mots de ne sont pas de ce monde, ils sont un monde pour soi, justement un monde complet et total comme le monde des sons. On peut dire tout ce qui existe, on peut mettre en musique tout ce qui existe. Mais jamais on ne peut dire totalement une > Lire plus

Jack

Il s’appelle Jack. Bordel, mais cette lumière me brûle et c’est insensé comme je me rappelle son regard pénétrant, s’immisçant dans mes recoins sans ciller. Il était assis tout seul dans cette grande salle baroque, il regardait le spectacle sans le voir, absenté depuis un temps incalculable dans son petit > Lire plus

T’en fais pas, mon ptit loup

« T’as qu’à lire Kirikou. » Qu’il me balance. Je lui demande « ah bon, et pourquoi ? » « Et bien tu saurais que la sorcière a une épine dans le dos, et que c’est peut-être comme moi, peut-être que moi aussi je souffre. » Il vient d’avoir sept ans, je n’ai pas lu Kirikou, et > Lire plus