La fenêtre a claqué brutalement sous l’effet d’une soudaine bourrasque, le temps changeait encore.

Les montagnes baignaient à présent dans une soupe de brume et paraissaient moins hautes.

Elle remonta sa bretelle et constata de la poussière sur sa robe. Ses jambes nues craquelaient légèrement du frottement des vêtements tout l’hiver. Dernière mue, peut-être.

Et quel hiver. Long et tiède, les pires, les pas francs. Quel impact, ensuite, sur sa planète déserte. Dessous grondait la même vie qu’à ses printemps de fête, qu’elle n’avait pourtant pas dû connaître tant elle tardait à les nommer. La vague revenait plus haute, plus furieuse et plus dangereuse d’avoir été contenue.

Encore une vague se dit-elle, et elle ralluma sa quinzième cigarette, elle qui ne fumait plus.

Oui, encore une belle grande vague, n’est-ce pas, se dit-elle à côté d’elle-même, en terminant son cinquième verre de whisky, elle qui ne buvait plus de whisky.

Qu’elle est haute, et furieuse et certainement dangereuse, pensait-elle tranquillement, en jouissant sous ses mains, elle qui ne jouissait plus.

Incroyable, hein, cette vague. Surprenante, encore ? Voyons… elle regardait vaguement le match, attentive à ces joueurs minuscules sous le soleil de plomb. Elle qui n’avait jamais regardé le football.

Quelle vague,  n’est-ce pas, cette vie ordinaire.

Et le balai qui maintenait la porte ouverte se brisa en deux alors que la pluie horizontale balayait la pièce chaude.

Pour poursuivre la route ensemble...
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However vast the darkness, we must supply our own light | Journal

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