when named I am the man apart 

« Quand la première édition de ce petit livre a paru il y a quelques années, il est devenu, presque clandestinement, un vade-mecum pour ceux et celles qui, à l’écart des tribunes, se cherchaient en essayant de suivre une voie et qui voulaient reprendre contact avec le monde, le voir avec des yeux neufs.
Puisse-t-il continuer dans ce sens. » K.W., 1982

*

« Follow me who dares », jette Kenneth White au coeur de Handbook for the Diamond Country, cette « Terre de diamant » où la pensée, dans un corps absolu, trempé à un « dehors » âpre et clarifiant, se densifie en une insécable expérience. Hors pays, hors domaine, il glisse. De toute façon « when named I am the man apart » ponctue-t-il autre part.

« Mon bouddhisme c’est le travail », disait Gary Snyder, ami de Kenneth et frère des roues libres. A quoi pourrait répondre ce poème, que je vous dépose ici :

LETTRE A ERIGENE
« Sunt lumina »

« Effort » semble soudain le mot qu’il faut
dur labeur, travail sans trêve
comme acquérir les bases d’une grammaire
chercher son chemin dans une logique inconnue

c’est la terre en travail qui produit le diamant

ici sur ce rivage anonyme, connaissant l’ouvrage
qui sont les ouvriers ? qui les découvreurs ?
la réalité opère – des prodiges ? ouvre-ouvrir

les anciens signes montent du matin
le crâne s’emplit et se vide avec la marée
énergies ramassées, le premier acte

côte rocheuse, rocailleuse, vents rudes
le langage nous dénoue, nous dénude

province de roc, racines – et lumières

*

« Labour » suddenly seems exactly right
hard slogging, no facility
like learning the basis of a grammar
working your way into unknown logic

it’s earth in labour makes for diamond

here on this nameless shore, knowing the work
who are the workers ? who the travellers ?
reality works – wonders ? travel-travail

the old signs come out of the morning
the skull fills and empties with the tide
energy gathered, the first act

ragged coast, rugged, rough winds
the language bears us, bares us

rock province, roots – and lights

Kenneth White, Terre de diamant [Handbook for a diamon country], poèmes, bilingue anglais-français, traduit par Philippe Jaworski, Marie-Claude White et l’auteur, éditions Grasset, 1983, 270 pages.

 

Pour poursuivre la route ensemble...
« J’ai l’impression qu’il y a plus de gauchos qu’avant ? » – Adolfo Bioy Casares, Mémoire sur la pampa et les gauchos

« Certains demanderont pourquoi une personne jouissant d’estime et d’affection vit seule… comme je n’ai pas de réponse, j’invoque le destin, et j’explique tout bas que même la mort ne doit pas émouvoir > Lire plus

Peter Matthiessen, des tigres dans la ville

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marcel moreau le chant des paroxysmes
Marcel Moreau – « J’écris en recréant les conditions d’intensité du pillage »

C’est alors que le rire final s’engloutit dans le néant et que la dernière image éblouissante est une convulsion séminale tout empourprée de sang et recouverte à fond de train par des crépuscules de rage.

En terrain glissant – Glose, de Juan José Saer

« Un sentiment nouveau se mêlait à son humiliation et à sa rage : le désespoir que nous éprouvons quand nous constatons que, pour intense que soit notre désir, les desseins du monde extérieur n'en tiennent aucun compte. » Glose (Glosa, 1986, traduit par la traductrice de renom Laure Bataillon en 1988 > Lire plus

Retourner dans la chambre – Lokenath Bhattacharya, Où vont les fleuves

Mais consciemment ou non, l’expérience à laquelle aspire l’écrivain, qu’il parviendra peut-être à goûter si les circonstances sont favorables, est, au sens le plus large, de nature profondément religieuse.

Sur la digue | Hugo von Hofmannsthal

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