À propos de ce blog

Etiamsi omnes, ego non. / Pas moi, même contre tous les autres.

 

Ouvert en 2005 sous le nom de Medellia au V.I.T.R.I.O.L,  dans la perspective encore obscure de me débarrasser de la malédiction de l’autofiction, puis sous divers noms à mesure que je disparaissais pour revenir, ce blog a été souvent interrompu mais jamais abandonné.

J’y fais ce que je fais depuis que j’ai 14 ans : j’écris ce que je vois, je deviens ma propre disciple, je travaille ma plume, je conserve toutes les pierres qui m’ont construites, qui me construisent toujours.

Je n’y suis pas régulière et n’espère pas le devenir. Je n’ai pas toujours quelque chose à dire, lorsque c’est le cas je tente de le faire le mieux possible. Je supprime et je republie, au gré de ce qui m’apparaît juste sur le moment.

Mon activité – ou quasi absence d’activité parfois est le revers de ce que j’applique dans mon métier : une anti-communication personnelle viscérale, ce qui la réduit au minimum perceptible et qui me rend le monde digital supportable ; tant qu’on pourra s’y perdre, aller et venir, je me servirai de cette petite liberté.

Je connais bien tous les codes qui permettent de rayonner largement et de s’attirer une audience aussi vaste qu’impénétrable, souvent sans aucun sens. Je refuse simplement d’en appliquer la plupart ici. Il me tient à cœur, pour autant, de prendre soin d’un espace qui soit agréable, nettoyé, aéré et épuré, à la recherche de cadres sains pour des textes qui ne le sont pas.

Bonne visite, perdez-vous, creusez, criez. Personne ne vous entend ici. Vous êtes en sécurité.

Paméla Ramos, mars 2018.

Publications

La Véritable histoire de Julien

Éditions Les Belles Lettres, 2012, 208 pages.

 

La Véritable histoire de Marc Aurèle

Éditions Les Belles Lettres, 2009, 178 pages.

 

Ma colonne vertébrale

L'Anarchie sereine

Vivre avec son temps, d'accord, mais certaines choses ne sont pas négociables. Une liste de lectures salvatrices.

Le port d'armes intellectuelles

Pour le droit de tirer à vue sur tout ce qui menace sa citadelle intérieure

L'espace vital

À la foule, préférer la poignée. Penser à ses alliés plutôt que de les envahir

L'impératif

Gagner sa vie sans perdre son temps, et le moins possible celui des autres. Vers le site de mon activité professionnelle... indépendante, évidemment.

Tentative de biographie

 

Trajectoire

Née à Poitiers en 1980, j’ai vécu principalement à La Rochelle puis Bordeaux, avant de rejoindre la région parisienne et enfin la Beauce, où j’ai mis au monde un fils en 2016, en même temps que mon activité professionnelle indépendante, ce qui ressemblait alors au bout du chemin.

Au bout ?

…. je ne crois pas.

Activités

J’ai passé mon enfance et mon adolescence sur les scènes rochelaises et bordelaises, dans trois compagnies qui m’ont recueillie et injecté une soif de liberté et d’excès qui ne s’étanche pas malgré les années… je les ai donc quittées avec fracas, ainsi que le théâtre après douze ans de bons et loyaux services à la fureur. J’ai beaucoup chanté, je m’imagine encore souvent sur scène, dans une vie parallèle. J’écrivais depuis toujours, et je lisais sans discontinuer. Je n’ai plus gardé, aujourd’hui, que ces deux excès là et ils consument tout avec le grand soin des passions exclusives.

J’ai changé plusieurs fois de métiers, dans le cinéma puis dans la librairie et l’édition de sciences humaines. Aujourd’hui je me forme depuis plusieurs années à la communication en ligne, ses stratégies, ses tragédies, ses traductions. Je suis dans mon élément dans le chaos féroce des silences numériques, chez moi, à travailler artisanalement et avec dévotion mes outils et ceux que l’on me confie.

Medellia au V.I.T.R.I.O.L.

De 2005 à 2011, j’ai tenu un blog de ce nom, qui m’a valu … tout ce que je suis et fais à ce jour. J’ai par ce blog fait mes plus belles rencontres, vécu des heures embrumées et assignées à domicile, à lire compulsivement et écrire en pleine nuit, après le boulot. J’ai assisté à de grands désastres humains qui à mon échelle étaient un monde. Complet, brûlant, dangereux, fulminant… vous savez, un monde enfin à soi, qu’on peut s’offrir puisque l’internet tout jeune nous le promettait : ce monde serait à nous, la revanche des esseulés, et, il faut bien admettre qu’il le fut. Comme à 100 000 autres. Un orage métaphysique de trop, ou accès dévastateur de mélancolie – selon votre degré de lyrisme – m’a fait le dynamiter, comme une répétition de suicide : mais j’écrivais tous mes textes, majoritairement, d’abord en dur. Je peux aujourd’hui les republier, non sans un frisson et un immense vertige. Beaucoup me plaisent, certains m’accablent. Tous sont authentiques et s’ils ont été retouchés, ils ne l’ont été que pour l’orthographe et la typographie. Vous pouvez les retrouver par date.

Instabilités digitales : le passage compliqué à l’âge adulte

En 2012, j’ai tenté l’aventure du silence puis du blog à quatre mains avec mon compagnon d’alors, grand amour, grande fracture de l’être. C’est alors que le Projet Hétérosis est né, qui n’est resté que quelques mois en ligne. Un nouveau blog personnel, la Réserve naturelle, Journal de conservation et de protection a rouvert mi-2013, avec comme mission de ne plus exposer aucun texte (trop) personnel, mais des notes de lectures, extraits, citations, dont la totalité se trouvent ici maintenant. Intempestivement fermée elle-aussi en 2014, comme punition ou sabotage de ce qui m’a toujours constituée depuis le plus profond : l’absolue nécessité de l’expression. Plus encore que l’écriture, la publication immédiate à destination d’une poignée, en espérant ce seul qui écoute, ce direct douloureux m’a toujours fascinée alors que je l’ai payé maintes fois – et pour de plutôt bonnes raisons – sur le plan personnel et social, bien qu’étrangement, jamais professionnel. Un direct, qui par décence, par amour, devait s’arrêter alors.

J’oublie toujours qu’il y a des coulisses lors des sorties de scène, et que les créatures qui s’y tiennent regardent toujours vers le rideau. En 2016, alors enceinte de mon fils, j’ai repris ma mission initiale de dire, pour laisser d’autant plus de notes qu’elles seraient peut-être un jour lues par un être qui en aurait besoin. Mais j’ai surestimé mes capacités de future jeune mère. La maternité m’a stupéfiée, aujourd’hui encore, en 2018, je peine à pouvoir en parler. Quant à l’écrire… il faudra beaucoup de temps. Si j’ai pu mettre beaucoup de mon existence en spectacle, c’est tout à fait exclus de ce point de vue là. Projet Ego Non, monté à la va-vite, reprenait quelques textes fondamentaux, et de rares nouveaux, mais je me sentais tarie, non autorisée, j’étais impressionnée par la réalité qui m’avait rattrapée, fait éclater une bulle de ferment qui ne laissait rien croître.

J’ai depuis eu un enfant ce qui, convenons-en, change tout. D’abord, le rapport à ce que j’ai vécu et écris, qui s’est trouvé, depuis les premières palpitations sous la peau, mis à distance sans aucune commune mesure auparavant, même si objectivement seules quelques petites années séparent certains textes d’aujourd’hui : ces années sont devenues infranchissables dans l’autre sens, et je ne me sens plus poreuse à ces temps, bien qu’étrangement, primitivement toujours restée là-bas, dans chacun de ces textes qui, s’ils n’ont l’air de rien, m’ont souvent tout demandé. Je n’en ai donc plus peur, même s’ils me toisent, pour certains, me rappelant qui je suis. Qui je serai toujours.

Aujourd’hui, sobrement, je m’appelle Paméla Ramos. J’ai 38 ans et je fais corps avec tout ce qui m’a précédé, et vous le présente sans crainte. Voici ce que j’écris.

Beauce, juin 2018

 

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