« Wambaugh m’a changé pour toujours. Voici comment je le sais:
Quand je l’ai lu, ma vie m’a fait honte. »

« Apprendre, c’est une vraie vacherie. J’ai appris à la dure. Je ne recommande l’expérience à personne. Des circonstances extravagantes m’ont frappé de plein fouet. J’ai cultivé le don et la malédiction de l’obsession. Le don a fini par gagner.

J’ai changé de vie. J’attribue mon salut à Dieu Tout-Puissant. Je désapprouvais la débauche. Je cherchais la vertu. Je mourais d’envie d’écrire des romans. La littérature est une vocation profonde. Je l’ai compris quand j’ai touché le fond de mon ignominie.

L’écriture est une expérience fabuleuse – et elle est loin d’être terminée. À présent, j’apprends en lisant mes mots à moi imprimés sur les pages des livres. J’aime l’aspect mystique de la chose. Mes idées tordues lâchées en liberté dans le spiritus mundi – des particules qui explosent à l’air libre.

Il y a un gamin, ou plusieurs, quelque part. Je ne les connaîtrai jamais. En ce moment même, ils manipulent leur Rubik’s Cube composé de particules. Ce sont peut-être des mini-misanthropes de Mouche-Qui-Pète, Montana. Ou des demi-déshérités de Dèche-Qui-Dure, Delaware. Ils comprennent mes drames diaboliques. La métaphysique les mutile. Ils s’efforcent d’en saisir le sérieux. Ils vont en découdre avec leurs démons. Ils mettront en service un surplus de stratégie de survie. Ils ne seront pas chronologiquement crucifiés. »

James Ellroy, Destination morgue, Rivages / Thriller, page 28

Pour poursuivre la route ensemble...
H.M. Enzensberger : ce livre ne peut avoir de raison

Postface de l'auteur à l'ouvrage Politique et crime (1964): Vous venez de lire neuf essais cherchant à faire un peu de lumière sur certains rapports en raison desquels nous pouvons tous mourir, mais dont personne n'est responsable: le rapport entre la politique et le crime. Philosophe de l'Histoire, ethnologue, historien, > Lire plus

Arrivée au Centre, j’attends

J’avais oublié la brume, ce matin Orléans disparaît. Je descends tôt vers la Loire, à travers les ruelles aux pierres blanches qu’on devine douces, qu’on ne touche pas encore. Depuis que je sais marcher, à nouveau, que je ne me perds plus, j’avale les artères et les petites veines, les > Lire plus

Qui suis-je pour vous parler ?

Je suis pratiquement certaine de mon échec à me taire. La seule promesse que je me suis jamais faite est d’être ici pour rester.

Georges Bataille, dépenser pour soi

Once there was class war, but not any longer 'cause we are all bourgeois now. Ce qui me semble exemplaire dans le texte qui suit, tiré de La notion de dépense de Georges Bataille (La part maudite, éditions de Minuit, 1967, pages 37-38), c’est bien évidemment la lecture métaphorique que > Lire plus

Soulever les tombes – Edgar Lee Masters, Des voix sous les pierres

Ces traits tantôt fulgurants et mystiques, tantôt pragmatiques et cocasses, fiers et farouches, désespérés ou résignés, montent des pierres chaudes en une brume bruissant des ruminations de ces gentils fantômes stupéfaits de leur sort.

Autorités intellectuelles – La fille parfaite, de Nathalie Azoulai

Lorsqu’Adèle la mathématicienne se suicide (pendue, comme un homme), Rachel, l’écrivain, résignée, soulagée autant que mortifiée, se met en devoir de témoigner, car après tout, la littérature, elle, reste.

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