Le chat pêcheur, également nommé chat viverrin, ou pour les Chinois « petite panthère longibande » en raison des motifs qui ornent son incroyable pelage, peut plonger et suivre sa proie sous l’eau durant plusieurs mètres, même si son mode opératoire est plus souvent de s’assoir sur un rocher et de frapper l’eau avec les palmures de sa patte.

Assez gros, de 75 à 85 cm et de 8 à 14 kilos, on l’a vu à Singapour tenter d’enlever un enfant de 4 mois, ou, en captivité, tuer un jeune léopard égaré dans son enclos.

En raison de la destruction rapide de son habitat (marais, mangroves, principalement en Asie du Sud-Est et en Inde), la survie de cette espèce à l’état sauvage est compromise dans un avenir proche.

Ce gros chat qui ne craint pas l’eau est l’un des représentants du mystère animal qui me passionne le plus: pourquoi la plupart des moyens et grands félins ont-ils des taches blanches derrière les oreilles ?

Rêver aux réponses (qui demeurent à l’état d’hypothèse, rien n’ayant pu être clairement démontré) en le regardant pêcher renouvelle inlassablement une poésie douloureuse, celle d’un univers qui s’enfuit avant même qu’on ait pu embrasser ni l’étendue de sa beauté, ni l’ombre de son explication.

chat viverin 2 

Sources: Les grands félins, Parragon, 2011 et Les Félins, Espèces, mode de vie, comportement, Komet, 2010. De visu: Le parc des félins, Seine-et-Marne.

Pour poursuivre la route ensemble...
Peter Matthiessen, des tigres dans la ville

« Dans le sud de la Sibérie, en plein cœur de l’hiver, il fait nuit jusqu’à huit heures du matin. De la fenêtre de la petite chambre gelée que j’occupais à l’hôtel Vladivostok, j’avais une belle vue sur l’immensité blanche de la baie de l’Amour : quand le jour se leva, les > Lire plus

Parades des oiseaux de Paradis

Les paradisiers, Greater Birds of Paradise, sont une beauté gratuite, étourdissante qui s'offre rarement aux yeux de quelques privilégiés, hommes patients et obstinés, à l'écoute de la jungle.

Goût de terre

… et j’ai regardé le ciel sans étoile, je n’en ai pas cherché non plus, j’avais les âmes trop occupées. Je réfléchissais à la grande et la petite méchanceté. J’essuyais la moiteur sur ma poitrine dans le lit éventré. J’écoutais la parole angoissée, je regardais les rides se figer. J’avais > Lire plus

Kertesz journal de Galere
Inflagration | Journal de galère, d’Imre Kertész

Je ne crois pas le journal de Kertész très bien nommé. Il n’exhale pas tant de « galère » que de grand chagrin blanc, refoulé au plus loin, caressant la mort des yeux sans jamais la trouver. Il traduit une tourmente consommée, une tornade de malheur bien plus maîtrisée que celle d’un > Lire plus

Littérature mondiale Martin Bodmer
Une place pour chacun, et chacun sa place avec Martin Bodmer

Voici donc notre bibliophile éperdu se livrant à ses carnets, et arpentant les questions infinies de la collection, de la sélection, de la magie des bons textes, à la recherche de fils d’Ariane dans nos labyrinthes, de définitions, de circonscriptions, battant l’air, frappant l’eau sans se décourager, cartographiant les époques, > Lire plus

Dantec et Attar, les oiseaux de guerre 2/2

Première partie À propos de La Conférence des oiseaux, de Farid-ud-Din’ Attar, traduit du persan par Manijeh Nouri-Ortega, adapté par Henri Gougaud, Points Seuil, coll. Sagesses, 2010. (CO) Et de American Black Box, de Maurice G.Dantec, Albin Michel, 2007. (ABB) « Au premier jour des temps Il fit des monts > Lire plus