Les siestes du Ranch - Extraits

Nous sommes après le repas. Tout le monde dort. Tout le monde ? Non, au Ranch, la taulière veille et cherche sur son vieux talkie à capter les êtres encore debout, en émettant en boucle les extraits les plus saillants de ses ouvrages favoris.

Lucien, Comédies humaines – Contre la profanation par les incultes

Lucien, Comédies humaines – Contre la profanation par les incultes

« Cependant, si tu as décidé de rester, envers et contre tout, en proie à la même maladie, va, achète des livres, garde-les sous clef chez toi, et jouis de la gloire de les posséder. Cela doit te suffire. Mais ne les touche jamais, ne les lis pas, ne livre pas à ta langue la prose et la poésie des auteurs anciens qui ne t’ont rien fait de mal. »

Léon Bloy, Méditations et Sang du pauvre : les profiteurs de guerre

Léon Bloy, Méditations et Sang du pauvre : les profiteurs de guerre

« On ne peut rien faire sans argent », dit un lieu commun dont la stupidité sacrilège est parfaitement ignorée de ceux qui en font usage. Sans doute on ne peut rien sans la sueur et le sang du pauvre ; mais cette sueur, quand elle coule d’un noble front, et ce sang, lorsqu’il ruisselle d’un cœur généreux, ce n’est pas aux chiens de les venir boire et c’est une horreur d’en être témoin.

Xénophon, Mémorables – Se gouverner soi-même avant de prétendre gouverner les autres

Xénophon, Mémorables – Se gouverner soi-même avant de prétendre gouverner les autres

À mon avis, par Héra, un homme libre doit souhaiter de ne pas tomber sur un tel esclave ; inversement, celui qui est esclave de ce genre de plaisirs doit supplier les dieux de tomber sur de bons maîtres, car c’est seulement ainsi qu’il pourra être sauvé.

Les mots ne sont pas de ce monde
Hugo von Hofmannsthal, Les mots ne sont pas de ce monde – Éteindre le brouhaha

Hugo von Hofmannsthal, Les mots ne sont pas de ce monde – Éteindre le brouhaha

Les mots de ne sont pas de ce monde, ils sont un monde pour soi, justement un monde complet et total comme le monde des sons. On peut dire tout ce qui existe, on peut mettre en musique tout ce qui existe. Mais jamais on ne peut dire totalement une chose comme elle est.

Don Jean Habrey, Combat vital ou le citadin initié – L’intelligence du corps

Don Jean Habrey, Combat vital ou le citadin initié – L’intelligence du corps

« Mon combat n’est pas moral, il est d’abord physique. Donc j’insiste sur ce mot « combat », car c’est de cela qu’il est question durant toute la vie, c’est un combat qu’il faut mener, mais un combat vital, littéralement « pour la vie ». Il faut que l’homme du XXIe siècle redevienne un homme d’action. »

Hermann Hesse, richesse intérieure et refus de commenter

Hermann Hesse, richesse intérieure et refus de commenter

[ Les siestes du Ranch : le déploiement des aides humanitaires intérieures.
Nous sommes après le repas. Tout le monde dort. Tout le monde ? Non, au Ranch, la taulière veille et cherche sur son vieux talkie à capter les êtres encore debout, en émettant en boucle les extraits les plus saillants de ses ouvrages fondateurs.] - "J’ai entre autres choses appris à me défaire du besoin de parler."

De l’impossibilité d’être intellectuel et moral – Fernando Pessoa, L’Education du stoïcien

De l’impossibilité d’être intellectuel et moral – Fernando Pessoa, L’Education du stoïcien

Le Baron de Teive, 20e du nom d’une illustre famille portugaise, va se donner la mort. Intellectuel et moral, il n’a rien pu laisser derrière lui, préférant brûler ses ébauches de manuscrits. Seul un ultime journal, courtes pages laissées en guise de témoignage...

Faux départ – Les Cosaques, de Léon Tolstoï

Faux départ – Les Cosaques, de Léon Tolstoï

"Comprenez une chose, ou croyez-moi : il faut voir et saisir ce qu’est la vérité et ce qu’est la beauté ; alors tout ce que vous dites, tout ce que vous pensez, tous les souhaits de bonheur que vous faites pour vous et pour moi, tomberont en poussière. Le bonheur, c’est d’être avec la nature, de la voir, de lui parler."

Charles Bukowski | comment tout ça finira – Sur l’écriture

Charles Bukowski | comment tout ça finira – Sur l’écriture

Ils croient que je m’en fous, ils croient que je ne ressens rien sous prétexte que mon visage est flétri et que les yeux me sortent de la tête tandis que je parcours le journal hippique une bouteille à la main. Ils ressentent les choses de façon si CHARMANTE, les enculés, les connards, les suceurs de citron de merde aux sourires visqueux, ils ressentent COMME IL FAUT, bien sûr, seulement ça n’existe pas les bonnes façons de ressentir, et ils finiront par s’en rendre compte…