« Je peux remplir toutes mes pages blanches avec les plus belles combinaisons de mots que puisse imaginer mon cerveau. Etant donné que je cherche à m’assurer que ma vie n’est pas absurde et que je ne suis pas seul sur la terre, je rassemble tous ces mots en un livre et je l’offre au monde. En retour, celui-ci me donne la richesse, la gloire et le silence. Mais que puis-je bien faire de cet argent et quel plaisir puis-je prendre à contribuer au progrès de la littérature – je ne désire que ce que je n’aurai pas : confirmation de ce que mes mots ont touché le cœur du monde. »

Il est stupéfiant de se trouver face à 20 pages, et seulement 20 pages, d’une implacable pertinence sans cesse renouvelée.

20 pages pliées dans ce petit format fragile, composées trop étroitement d’une police increvable, accentuant l’oppression d’un homme à bout de souffle, peinant à justifier sa place, son sens, effrayé par la mer, incapable de croire.

20 pages entraînées par la mort pour terminer sur une raison de vivre. Et étendre sa portée en dehors des bords du temps et d’un monde plus fort que soi.

Stig Dagerman, Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, Actes Sud, 1981, p14.

Pour poursuivre la route ensemble...
La vie sous Terre (Ils ne sentent rien)

Et qui tolère le bruit est déjà un cadavre. Guido Ceronetti, La patience du brûlé. "Voici ce dont j'ai souvent été témoin empruntant l'une de ces vieilles lignes de train en sous-sol où c'est encore un conducteur humain aux commandes, et que dans la vitesse d'une longue courbe le wagon se > Lire plus

Éric Hoffer, Le vrai croyant : pensées sur la nature des mouvements de masse

« Aux frustrés, un mouvement de masse offre, soit à leur personnalité tout entière, soit à certains de ses éléments, des vocations de rechange qui leur rendent la vie supportable et qu'ils ne peuvent pas tirer des ressources de leur propre fond. »

Voyage avec les déjà-morts – Tandis que j’agonise, de William Faulkner

Souvent, leur langue bute comme la bêche dans un terrain aride, elle se rend, ne termine pas ce qu'elle commence « comme un petit garçon, dans le noir, pour se donner du courage, qui s’effraye tout à coup de son propre bruit. » 

Le Plan hors de la ville | Aurélien Lemant, Traum : Philip K. Dick, le martyr onirique

Quelques chiffres dans la machine: J’ai mis 4 jours à lire ce livre, les trois quarts en une journée. Il m’a fallu une semaine pour me décider à écrire dessus. J’ai mis quatre heures, aujourd’hui, à écrire cette chronique. Il vous faudra entre 30 minutes et beaucoup plus pour la > Lire plus

Destinée en panne – François Ide, God Bless America

Ce pourrait être un livre de trop, de plus, voire de retard sur l’Amérique blanche à la « destinée manifeste » façon descente d’oxycodone, coïts d’obèses et maillots de bain Trump, une sorte d’énième trash novel où le narrateur éduqué et cynique cabotinerait sur le compte d’une classe sociale si facile à > Lire plus

Kertesz journal de Galere
Inflagration | Journal de galère, d’Imre Kertész

Je ne crois pas le journal de Kertész très bien nommé. Il n’exhale pas tant de « galère » que de grand chagrin blanc, refoulé au plus loin, caressant la mort des yeux sans jamais la trouver. Il traduit une tourmente consommée, une tornade de malheur bien plus maîtrisée que celle d’un > Lire plus

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